Au départ, un projet de médiation culturelle...
L’APSV (Association de Prévention du Site de la Villette), créée en 1986, dispose d’une longue expérience de l’insertion par l’activité économique, par le bais d’une association intermédiaire, d’une entreprise de travail temporaire d’insertion et d’une SARL. En 2004, suite à un appel d’offres de la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris, elle a été chargée de mettre en place un chantier d’insertion sur les lieux de la construction du tramway des Maréchaux Sud (TMS).
Au départ, l’objet de ce chantier d’insertion était de faciliter des échanges avec les riverains et les acteurs locaux sur le futur tramway, en prenant appui sur 9 œuvres d’art lumineuses installées tout au long du tracé, entre la Porte d’Ivry et le Pont Garigliano. Ainsi, il s’agissait d’intégrer au mieux le nouveau moyen de transport dans son environnement.
Au démarrage, les 18
salariés en insertion occupaient des postes d’agents culturels urbains, au pied
des œuvres d’art. Ils étaient appuyés par un encadrant technique et par des
associations partenaires de l’APSV, situées dans les environs. Ces associations
dites « structures d’accueil » mettaient à disposition un tuteur et
offraient leur ligne téléphonique, leur accès à Internet, le café… Elles
assuraient aussi une mise en relation entre les agents culturels urbains et
leur public de proximité.
Quelques semaines
après, le chantier d’insertion s’est trouvé confronté à la dégradation
partielle puis totale de certaines œuvres d’art. Faute de réparation, les
salariés en insertion ont été privés de leurs objets de travail. Comment
rebondir face à de telles déconvenues ?
Afin de
« positiver », toute l’équipe a senti le besoin de réaliser une
analyse critique du projet monté par la Ville de Paris. A partir d’enquêtes
menées auprès des créateurs des œuvres d’art, des élus locaux, des riverains,
cette analyse a mis en avant certaines carences techniques et des déficits de
communication. Elle a donné lieu à une soirée de présentation animée par les
salariés en insertion, puis à une édition sur CD-Rom, à l’attention des
commanditaires et des partenaires du projet.
A partir de janvier 2005, une fois les œuvres d’art démontées, les salariés en insertion ont intégré les structures d’accueil, pour occuper un poste de travail en lien avec leur projet professionnel : secrétariat, communication, médiation sociale, organisation d’événements…
Initialement, le chantier d’insertion de l’APSV, de type expérimental, reposait sur une activité « immatérielle », à savoir des échanges humains autour de la construction du tramway et d’œuvres d’art. Il s’agit d’une caractéristique assez rare, qui mérite d’être soulignée.
Malgré les difficultés rencontrées, l’APSV est parvenue à maintenir une activité, avec la volonté de garder les salariés en insertion qui avaient été embauchés. Aussi, cette aventure a créé une grande solidarité au sein du groupe. Un climat de tolérance et des échanges constructifs se sont notamment développés entre les plus jeunes et les plus âgés…
Entretiens collectifs de régulation et d’évaluation sur la vie du chantier d’insertion.
Entretiens individuels de suivi social et de suivi du projet professionnel.
Techniques de recherche d’emploi.
Travail en demi-groupes sur le look, la communication, l’image de soi.
Communication : le face à face avec le public, le rapport aux institutionnels, aux professionnels et aux autres acteurs locaux…
Sensibilisation à la culture via les œuvres : promenades dans l’espace urbain et décryptage, interventions d’urbanistes et de concepteurs d’espace public, recherches…
Méthodologie et projet professionnel : méthodologie de recherche d’informations, formalisation et capitalisation des acquis, utilisation de la cyber base de la Cité des Métiers, accompagnement sur le projet professionnel…