Artemisia fête ses dix ans. Dix années passées au service de l’insertion et de la professionnalisation. L’association dispense des formations qualifiantes de peintre-décorateur, avec pour objectif de valoriser ces métiers et de casser un système de « travail dissimulé », très ancré dans ce secteur d’activité.
Le chantier de la CAPEB (Confédération de l’Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment), mené durant huit mois, est un exemple intéressant des partenariats qui peuvent se construire, en s’inscrivant dans une logique de filière professionnelle. La rencontre entre Artemisia et la CAPEB s’est produite lors d’un forum, à la mairie du XIXème. Immédiatement, les deux structures se sont retrouvées sur l’objectif commun de la valorisation des métiers de la peinture, notamment auprès des jeunes. La coopération s’est donc mise en place naturellement : d’un côté des entreprises qui ont des besoins et souhaitent former leurs salariés, de l’autre un véritable centre de formation et de qualification à ces métiers. Une convention est donc signée en 2006 entre les deux entités.
L’intérêt est réciproque : Artemisia offre aux adhérents de la confédération (environ 5 000) des formations spécifiques, en retour, ses anciens stagiaires bénéficient d’un réseau d’employeurs potentiels. En plus d’orienter les stagiaires vers les entreprises qui recrutent, la CAPEB accueille les apprentis-peintres deux mardis par mois, pour un accompagnement à la création d’activité.
En 2008, la CAPEB fait appel à Artemisia pour le chantier de rénovation et de décoration de ses locaux. L’accueil, l’escalier, l’ascenseur, les salles de réunion, le bureau du directeur sont ainsi passés par les mains expertes des stagiaires : stuc, peinture « faux bois », enduits, feuilles d’aluminium, cire encaustique, travail en relief, etc, ils ont montré l’étendue de leur savoir-faire pour réaliser les décors élaborés par les encadrants.
Aboutissement et point d’orgue du chantier fin 2008, l’inauguration à laquelle la confédération a convié, en plus des financeurs (DDTEFP 75, CG 75, FLES pour la formation), des chefs d’entreprises. Les stagiaires d’Artemisia ont assuré la visite, expliquant leurs méthodes de travail, qu’il s’agisse de technique pure ou de gestion d’un chantier : en effet, les lieux étaient occupés pendant les travaux, il a donc fallu travailler sans gêner les activités de la confédération. Un planning avec des temps délimités pour chaque tâche a ainsi été défini, montrant la capacité à travailler en conditions réelles, avec des contraintes de délai. Le cocktail a été l’occasion de créer des contacts, d’engager des discussions et d’échanger sur les savoir-faire, sur le métier de peintre en bâtiment, sur les exigences des entrepreneurs, etc. Autres aspects positifs, les CV des stagiaires ont circulé et des rendez-vous pour des entretiens d’embauche ont été pris.
Ce type de partenariat répond à la volonté d’Artemisia d’avoir un contact étroit avec la réalité du métier, et lui permet d’adapter la formation en fonction des modes, des techniques et/ou des matériaux nouveaux. Les stagiaires sont ainsi prêts à intégrer des entreprises, une fois qu’ils auront validé leur examen, passage obligatoire de fin de contrat.























