Zara a dû fuir son pays, la Tchétchénie, à cause de la guerre. Arrivée en France en 2002 avec son mari et ses deux enfants, elle se rappelle des difficultés qu’elle a alors rencontrées : la barrière de la langue d’abord, mais aussi l’hébergement de toute la famille dans une chambre d’hôtel. Avant d’obtenir le statut de réfugiés politiques, le couple -sans papiers- ne peut travailler pendant trois ans. Après avoir appris le français, qu’elle maîtrise aujourd’hui très bien, Zara recherche un emploi. En Tchétchénie, la jeune femme avait été institutrice en école maternelle, avant de se réorienter vers la couture, un savoir-faire hérité de sa mère. En France, elle ne trouve bien sûr pas d’équivalence à ses diplômes de niveau bac + 3. L’ANPE lui conseille d’intégrer une école de haute couture, mais Zara connaît déjà son métier et souhaite travailler au plus vite, notamment pour trouver un logement. Toutefois son inactivité professionnelle de 2002 à 2005 inquiète les éventuels employeurs. La situation semble alors difficile.
Une assistante sociale du PLIE du XVIIIème arrondissement de Paris lui propose de participer au chantier d’insertion mené par l’association Aritas, qui forme au métier d’auxiliaire de puéricultrice. Ayant une expérience de la petite enfance, Zara s’oriente sans regret vers ce chantier. "Cette formation m’a beaucoup plu, les professeurs ont été très généreux avec nous, tout était fait pour nous aider. Je me suis sentie dans ce chantier comme chez moi." raconte t-elle. L’occasion pour Zara de comparer l’accueil des jeunes enfants avec ce qui se pratiquait en Tchétchénie : "C’est très différent. Il y a plus de personnel en France, mais en Tchétchénie, les enfants ont plus d’espace et faisaient plus d’activités. Ici, les enfants semblent plus capricieux : s’ils ne veulent pas manger ou dormir, on les laisse plus souvent faire." Désormais titulaire du certificat de qualification professionnelle de garde d’enfants au domicile, Zara sait s’occuper d’un bébé comme d’un enfant de 6 ans, composer un menu version française, donner le bain ou encore organiser des activités éducatives.
Quelques semaines à peine après la fin du chantier, les choses s’enchaînent pour Zara : grâce à ses fiches de salaire, elle peut emménager avec sa famille dans un vrai logement, en HLM, et elle décroche un CDI dans une société de services à la personne du XVème arrondissement. "Trouver un emploi à domicile n’a pas été facile car les parents sont très exigeants. Ils souhaitent de l’expérience et si possible que vous fassiez du soutien scolaire." explique t-elle. Elle garde du lundi au vendredi, de 16h30 à 20h, et le mercredi toute la journée, trois enfants d’une même famille, âgés de 3, 9 et 10 ans.
Zara est toujours en contact avec l’association Aritas : elle envisage désormais de suivre de nouveaux enseignements au titre de la formation continue, par exemple dans le domaine de l’assistante maternelle.


